Balade au Salève
le samedi 5 octobre 1996
Temps de marche effectif: 7h [14 km]
Altitude départ / max / arrivée:
459 m / 1300m / 421m
Conditions: Un front froid a passé pendant la nuit dont les légères pluies se sont prolongées jusqu’a midi sur le Salève, malgré un ciel bleu derrière le Jura. Il y avait peu de vent, heureusement. Après déjeuner le ciel bleu s’avançait laborieusement du nord-ouest. Les sentiers de ce terrain éminemment calcaire étaient rendus glissants par la pluie et les feuilles tombées.
Rendez-vous: Gare de Morges pour le train de 07.43. Patrick nous rejoint à Cornavin.
Déroulement: C’était la seule fois qu’on est parti en train direction Genève. Tram 13 puis bus 45 pour la douane de Croix-de-Rozon.
Entrant en France nous nous sommes rendus tout de suite dans un tea-room, mais pour café ou chocolat chaud avec croissants. En route vers 9h40, nous avons suivi le raide chemin carrossable de Corbaz qui aboutit au Coin, et de là le sentier d’Orjobet crée par la section genevoise du CAS en 1905 et entretenu par ses soins depuis.
Même dans ce temps maussade nous appréciions les magnifiques couleurs de la forêt dans sa parure d’automne. Déjà raide, le tracé se redresse encore avec marches dans les parties rocailleuses. Petite pause à la bifurcation du sentier du Chafardon dont le chef prône les mérites quand les conditions sont bonnes.
Enfin voilà devant nous l’approche de la célèbre grotte d’Orjobet explorée en 1779 par Horace-Bénédict de Saussure (Orjobet fut le nom de son guide du Coin). C’était bon de trouver un petit bout de sol sec. Est-ce que la chorale de la section genevoise a essayé l’acoustique de cette halle cathédralesque? En tout cas les panneaux préparés par des scientifiques de l’Université de Genève sont bien conçus pour stimuler l’intérêt à la géologie du Salève. Une bonne initiative.
A la sortie supérieure de la grotte nous poursuivîmes la montée dans une forêt plus clairsemée jusqu’au pied du Trou de la Tine, énorme puits vertical d’une soixantaine de mètres de haut et peut-être six de diamètre, que l’on peut pénétrer par le trou à sa base. Vers midi nous avons atteint le plateau sommital. Mais grosse déception: le petit restaurant des Crêts est fermé. Il fallait donc faire un crochet jusque La Croisette où il y avait au moins trois en activité. Notre choix porte sur celui ‘des Montagnards’ et nous en fûmes bien contents.
A la sortie, plus de pluie et les brumes se dispersaient. Passant de nouveau par le Trou de la Tine, nous nous sommes engagés sur le sentier de la Corraterie, ce fameux balcon sur le bassin genevois. Sans doute c’était le jet d’eau qui attirait le plus des yeux. Grâce à l’absence du soleil, il n’y avait presque aucune voiture sur la route que nous avons emprunté de temps en temps entre la Grande Gorge et le téléphérique. Au-delà de ce dernier, où la pente s’accentue, le sentier entre dans une forêt et les feuilles n’empêchaient plus la glissade sur la boue lubrifiée par les pluies; il s‘agissait de slalomer d’arbre en arbre.
Petite pause de 16h à l’extérieure du Chalet de la Croix au son du trafic sur l’autoroute d’en bas et un carillon annonçant sans doute un mariage. Tous nos voeux au couple inconnu. Le guide CAS du Salève (édition 1984) dit qu’il y a 328 marches d’escalier entre Monnetier et le Pas de l’Echelle. André voulait le vérifier, mais n’en a compté même pas 200. Les autres étaient-elles cachées sous la litière? Dernier kilomètre sur route jusqu’à la douane de Veyrier, et le bus 8 de 17.12 nous a transporté à la gare de Cornavin juste à temps pour le train de 17.48 et nous avons atteint Morges à 18.15. Merci à tout et à tous pour la bonne humeur mise à l’épreuve dans la flotte du matin.