Région de Binn

Campanules incisées

Campanules incisées

Samedi / dimanche   8 / 9 août 1998
Samedi: Temps de marche effectif: 6h (8h) [14.0 km (17.3 km)]
Altitude départ / max / arrivée: 1819 / 2543 (2599) / 1472 m
Dimanche:  Temps de marche effectif: 6h30 [(8.1 km)]
Altitude départ / max / arrivée:  1472 / 2353 / 1400 m

Conditions:  Beau, extrêmement chaud et sec.

Rendez-vous:  Gare de Morges pour le train de 06.47 destination Brigue (Michel le rejoint à Lausanne et Hubert à Aigle),  bus et téléphérique pour Rosswald (1819m).

Déroulement:  Il est 10h05 quand le groupe, fortifié par le café du départ, se met en branle.
Jusqu’a vers 2000m des mélèzes offrent un peu d’ombre, mais au-delà nous sommes exposés au rayonnement solaire dans toute sa brutalité.  Les Mischabels et le Weisshorn se hissent au-dessus de la houle des crêtes valaisannes, tandis que Monte Leone et le Bortelhorn s’imposent par leur proximité.  Nous cassons la croûte sur une épaule nommée Fleschegga vers 2460m avant de parcourir la courte étape au Saflischpass (2543m) où l’on trouve des dolines.  C’est seulement là que des petits névés subsistent.

Halte panoramique pendant la montée au Saflischpass

Halte panoramique pendant la montée au Saflischpass

Au petit lac de Tanzbede (2475m), dont il ne reste qu’une flaque boueuse, nous nous divisons.  Liliane P prend avec elle Raymond, Christiane, Marcel et l’autre Liliane pour descendre directement mais sans aucune hâte à Heiligkreutz, où ils arrivent vers 17h.  Les six autres se mettent de nouveau à grimper avec comme but le Breithorn (2599m) qui domine la vallée de Binn.  Il faut passer d’abord par une sommité arrondie de 2582,4m depuis laquelle nous jouissons d’une vue splendide sur les alpes bernoises.  Puisque sur la carte cette sommité ne porte pas de nom, nous l’en attribuons un—le Mariahorn.

Il faut descendre au col à 2445m où le bétail paisse (il est accessible en auto depuis Grengiols ou Heiligkreutz).  Les flancs du Breithorn sont tapissés d’édelweiss.  Nous n’en avons jamais vu autant à la fois.  Au sommet il y a un steinmann bien bâti, et effectivement le panor­ama est superbe.  Aussi la vue sur les alentours du village de Binn (Schmidigehischere selon Hubert) par le dévaloir du Grossgrabe est impressionnante.  Pendant notre pause au sommet, la cascade imposante sur le flanc est du Fieschertal tarit d’un coup.  Quelqu’un a dû fermer la vanne.

Des cumulus sans importance commencent à se développer et donne un peu d’ombre appréciée dans la descente le long de la croupe SE où un petit sentier bien balisé aide à passer les gazons les plus raides.  Faisant arrêt à la fontaine bienvenue du Rüfibort (1819m) , nous constatons que Joseph n’est plus avec nous.  Il paraît qu’il a trouvé une meilleure voie pour atteindre Heiligkreutz (1470m).  Sacré Joseph!  Nous l’attendons pendant un bon quart d’heure.

Nous couchons à Charly’s Herberge, anciens bâtiments datant de la construction du système de captage d’eau du Chummibort.  La nuitée avec repas du soir et petit déjeuner coûte fr.45.  Bon et confortable.  Pour agrémenter la soirée Charly a fait venir un quatuor de musiciens de Lucerne: contrebasse, clarinet/ saxophone, accordéon et synthésiseur.  Les airs folkloriques nous incitent à la danse!

Au sommet du Breithorn (2599m): Hubert, Joseph, Jean-Daniel, Maria, Michel

Au sommet du Breithorn (2599m): Hubert, Joseph, Jean-Daniel, Maria, Michel

Petit-déjeuner à 7h pour être en route à 7h40.  La montée vers Flesch dans une forêt d’épiceas est raide sans hésitation.  Pause de regroupement à environ 1800m, puis à une bifurcation à gauche Liliane P nous quitte, ayant été dispensée de repasser le Furggulti.  En fait elle l’a courageusement fait quelques jours auparavant en reconnaissance.  Elle va faire une jolie balade par Bschissnimatte et Salzgeb et prendre un bus à partir de Binn vers midi.  Marcel et Michel, au bout de la file, prennent par inadvertance son sentier et doivent faire demi-tour.

Nous nous retrouvons aux petites bicoques de Chällerli autour de la dernière fontaine.  Le sentier n’est pas grand mais récemment balisé jusqu’à Oberistafel (2150m) où nous faisons halte.  Après ça il faut monter au mieux parmi gazons et pierres, tenant plutôt sur les pentes du Stockhorn.  Le col (2353m) est un vrai chaos de blocs multicolores où se trouvent des coins ombragés et relativement frais pour pique-niquer.

Chaos de rochers à Furggulti

Chaos de rochers à Furggulti

La plupart du groupe trouve qu’on a assez monté pour aujourd’hui, et entame la descente parmi d’énormes blocs et caillasses vers Manibode.  Mais Jean-Daniel, Maria et Michel veulent à tout prix voir au-delà du prochain col (Zantmärjelebiel) vers les trois lacs culminant en Geisspfadsee, et traversent le névé en-aval du Schwarzhorn (3108m).

À Manibode nous autres nous reposons sous les mélèzes et nous rafraîchissons dans les eaux du Mässerbach, en même temps scrutant les pentes où doivent descendre nos trois compagnons.  Mais à 13h15 il faut se mettre en route pour Binn, car notre bus à destination de Fiesch part dans deux heures.  Longue descente, peu intéressante, mais au moins à l’ombre de la forêt.  Assez de temps pour des bières, etc. au village.

Nos amis loupent le bus, mais de peu, et ont la considération de téléphoner au guichet de la gare de Fiesch pour faire dire au groupe qu’ils sont arrivés à Binn sain et sauf.  Le prochain bus partant de Binn est à 17.15, mais voilà ces trois qui se pointent déjà au quai de la gare de Brigue à temps pour notre train de 17.18.  Comment?  À nous de deviner.

“Au revoir” à Maria à Sierre et Hubert à Aigle.  À partir de ce dernier arrêt le train devient bondé et nous souffrons.  La température au bord du Léman marque bien au-dessus de 30°C, et sans doute était encore plus élevée dans la vallée du Rhône.

Cette traversée de deux jours nous a permis d’admirer deux espèces de campanule assez rares: celle du Mont Cenis (au Saflischpass) et l’Incisée (au Furggulti).  Il semble que, malgré l’inconfort de la chaleur, les participants sont contents de l’excursion.  Merci.  Pas de temps caniculaire pour la prochaine sortie, c’est promis.

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