Sex Riond (2026m)
(Vallée de la Lizerne à Daillon)
le samedi 29 juillet 2000
Temps de marche effectif: 7h30 (15.8 km)
Altitude départ / max / arrivée: 1160 / 2170 / 901 m
Conditions: Frais pour la saison, légères averses quelquefois prolongées. Neige fraîche évidente dès 2700m, tandis que les nuages cachent les sommets en-dessus. Petit vent du nord-ouest.
Rendez-vous: Gare de Morges pour le train de 07.44, direction Sion.
Déroulement: En somme, comme prévu. Le train arrive à l’heure à Sion, ce qui nous donne le temps d’aller à la boulangerie en face de la gare et prendre un café avant le départ du car pour Derborence. Une fois sorti de l’agglomération sédunoise le chauffeur commence son commentaire aux voyageurs en s’excusant pour les crissements émanant de la suspension de son véhicule dont il venait de faire la révision. Il nous apprend que la route audacieuse du vallon de la Lizerne fut accomplie en 1953. Notre demande d’arrêt à Madouc (1160m, peu avant le premier tunnel) est certainement inhabituelle pour lui.
De là part dans la forêt de hêtres un chemin normalement praticable pour les voitures des ayant droit jusqu’aux pâturages de Tsanperron (1500m). Et là, Jean-Daniel rencontre une connaissance de Genolier qui s’y est aménagé une maison de vacances.
Nous embarquons maintenant sur un sentier qui monte en zig-zags la raide pente appelée Séronde. Pour trois génisses valaisannes notre passage est l’évènement de la semaine, et leurs attentions nous obligent d’abréger notre halte café. Vers 1750m de sentier négocie l’unique barre de rochers avant les alpages de Lodze, et nous passons dans le domaine des mélèzes. Il y a des marmottes. Et la vue s’est élargie sur le Pas de Cheville et les flancs complexes et fascinants du Haut de Cry; nous apercevons en amont du chalet d’Einzon le bisse homonyme taillé dans l’énorme dalle du Cheval (2490m).

Plutôt que d’aller jusqu’au chalet de Lodze nous faisons un raccourci laborieux pour trouver le sentier qui mène au point culminant de notre parcours (à environ 2170m), sur la longue arête sud du Mont Gond. Le temps est maintenant aux brumes, découpant la vue vers la vallée du Rhône encore largement ensoleillée. Pour le lieu du pique-nique je propose les abords d’une petite cabane de chasse cent mètres plus bas le long de l’arête. Bien que fermée, au moins on peut s’y installer autour sur des pierres commodes, mais le début de la pluie nous convainc que l’avant-toit laisse à désirer. Encapuchonnés et imperméabilisés au mieux, nous descendons encore la courte distance qui nous sépare de la croix sommitale peu esthétique du Sex Riond.
En principe la suite ne doit pas présenter de problème. La carte montre même un bout de sentier, mais je ne l’ai jamais trouvé, et le terrain incite à trop descendre. Il y a pas mal d’arbres et le lapiaz affleure à tout moment. Marcher dans la pluie à la boussole et altimètre dans ces conditions n’est pas très facile. Donc je fais perdre à la troupe quelques minutes en errant en-dessous de 2000m. On doit remonter pour passer la profonde faille dans la falaise qui entoure la montagne au sud.
Ainsi nous arrivons au grand chalet d’alpage du Chaux d’Aïre où Jean-Daniel cause avec le fromager pendant que nous ôtons nos vêtements de pluie et admirons une hermine qui parcourt le lapiaz. De nouveau un chemin carrossable, mais nous le quittons aussitôt pour continuer en direction de nord-est sur un délicieux sentier presque jusqu’au torrent de La Rogne où il se perd. Cela se paye par une descente carrément désagréable en forêt pentue jusqu’on trouve , à côté de Tserrosse, un ancien bisse et le sentier.
Il est 15h45 et j’ai dans ma tête vieillissante que notre bus allait partir de Daillon à 17.03. Faut se presser donc. Je ne comprends pas comment nous avons pu perdre autant sur mon horaire. Un chevreuil passe tout près de nous.
Finalement, après revérification je vois que de départ est à 18.03, non 17.03. Ouf! Nous sommes quand même à Daillon juste avant 17h.
Il y a au village deux cafés. Ils sont côte à côte. Celui des Alpes annonce fermeture annuelle d’un mois, tandis que la Channe d’Or rouvrira lundi seulement! Catastrophe majeure? Heureusement non, car il s’agit d’un mariage au deuxième bistro, et Madame Josette aux Alpes assure la continuité. A 18.05 nous sommes là, groupés dehors quand un monsieur dans une petite voiture nous demande si nous attendons le bus pour Sion. A notre affirmation il dit que le bus va sûrement arriver dans deux minutes et repart.
En effet, le bus arrive, conduit par ce même monsieur. A cause du mariage il y a trop de véhicules garés autour de l’église, terminus officiel, pour qu’il y puisse tourner. Tout est bien qui finit bien. Nous sommes rentrés à Morges à l’heure prévue (c-à-d 20.11). Merci à tous pour l’ambiance géniale.