Cabane Albert Heim (2543m)

24/25 août 2002

Conditions:  Nombreux nuages pendant la journée, mais peu d’averses

Rendez-vous:  Gare de Morges et le train de 6.47.

Déroulement:  Cette course a été planifiée suite à l’introduction des cartes ‘Rail and Sleep’ au coût de 62fr qui couvraient le voyage aller/retour en train et une nuitée en cabane CAS.  Au mois de juillet les CFF ont unilatéralement abrogé cet accord, même si les cartes déjà émises demeuraient valables.  Il est inadmissible que cette initiative en faveur de l’environnement soit rendue caduc en pleine saison sans même une année d’essai [le chef dixit].  Fort heureusement il en restait six cartes à la Section mère que ce chef a pu acheter.  Comme Maria et Jean-Daniel voyageaient indépendamment de nous, et le chef avait son abonnement général, seule Muriel a du s’acheter un billet aller-retour Morges-Oberwald.  En l’occurrence elle n’a rien perdu, car les porteurs de ces cartes R&S ont du s’acquitter d’un supplément de 9fr pour chaque trajet pour rouler sur le réseau FO.

Donc notre train part de Morges à l’heure matinale de 06.47, et la correspondance FO de Brigue à 09.08.  A Oberwald (1368m) nous retrouvons Maria et Jean-Daniel à l’hôtel Furka, où nous prenons le café du départ.  Sept des onze participants choisissent de monter à Gletsch (1757m) par le sentier; les autres, qui doivent ménager leurs forces, élisent de suivre le chef sur l’ancienne voie du train.  Nous quatre sommes au restaurant Glacier du Rhône à 12h30, les autres une demi-heure plus tard.  Trois tables nous sont réservées, sous le nom de FRAU PERRY.  S’il vous plaìt!

Avant le départ de Gletsch pour la Furka:  André, Raymond, Jean-Daniel, Jerôme, Maria, Dominique, Muriel, Catherine Bes., Tiffanie, Catherine Bol.

Avant le départ de Gletsch pour la Furka: André, Raymond, Jean-Daniel, Jerôme, Maria, Dominique, Muriel, Catherine Bes., Tiffanie, Catherine Bol.

Trois locomotives à vapeur du Dampfbahn Furka Bergstrecke (DFB) attendent à Gletsch prête à rouler.  L’une d’elles est la centenaire HG2/3 No. 6 Weisshorn qui  faisait service entre Viège et Zermatt de 1902 et 1940.  Surprise!  Michel et Olga Grandguillaume, rentrant de vacances au Grisons, sont venus amicalement nous  saluer.  Merci les amis.

Pour nous tracter à 14.40 vers la station sommitale de la Furka à 2160m, il ne restait que la HG3/4 No. 9 Gletschhorn, (FO de 1913 à 1947, puis au Viet Nam jusqu’en 1990).  La déclivité est de 110‰ jusqu’à Muttbach, et les deux passages à niveau sur la route du col sont gardés par des hommes aux drapeaux rouges.  Un spectacle qui attire du monde!

Au grand chagrin de tous, nous prenons congé de Catherine Bolliger qui doit rentrer le soir même à Morges via Realp.

Le ‘sentier’ que nous suivons depuis la station du col est plutôt une petite vire à flanc, idéale pour l’accumulation du ruissellement et incitation aux gros mots.  Après presque deux kilomètres nous atteignons la grande route du col, et l’empruntons pendant la même distance au pont sur le torrent de Tiefenbach qui prend naissance au glacier homonyme.  La cabane et son drapeau sont bien visibles maintenant, et la montée sérieuse commence, d’abord sur une trace intermittente sans balisage aucun.  C’est parce que personne n’embarquent comme nous depuis le torrent mais sur une petite route un peu plus loin.  Mais petit à petit la voie s’affirme.  Au moment où nous tombons sur le boulevard d’accès à la cabane, il y a une douce petite averse qui ne nécessite pas d’imperméable.

La cabane n’est pas trop pleine, et le gardien, Armin Rey, est extrêmement serviable, parlant bien le français.  Pour la petite histoire, Albert Heim fut géophysicien zurichois du dix-neuvième siècle; un glacier de l’Antarctique porte son nom.  Avec une certaine fierté le chef raconte qu’il avait parcouru ce glacier avec chiens et traîneau au cours de l’Année géophysique internationale (1958/59).  Une nuit tranquille et pas froide.

Il a été convenu que le dimanche notre groupe se  divise entre alpinistes pour tenter le Galenstock (3583m) et randonneurs qui allaient prendre l’Urseren hoheweg jusqu’à Andermatt.  Les alpinistes sont Jean-Daniel (chef), Maria, Catherine, Muriel et Jerôme.

Alpinistes  (contribué par Muriel)

Les alpinistes partent à 6h sous un ciel clair.  Depuis la cabane Albert-Heim (2480m), nous avons remonté le  Tiefengletscher, en cherchant un peu notre passage, pour finalement atteindre une délicate rimée.  Après avoir escaladé des blocs  de rochers, nous sommes passés sur l’autre versant et avons poursuivi sur un petit passage rocher.  Nous avons ensuite suivi l’arête neigeuse pour atteindre le sommet par le côté ouest en passant par des  couloirs neigeux et rocheux.

Arrivée au sommet vers 11h.  Brouillard.  Courte halte sans vue.  Nous sommes descendus prudemment par la face ouest.  Passage à 45° sur environ 80m.  Nous sommes descendus par la rive gauche du Galengletscher et finalement avons rejoint le plat glacier du Rhône.  Après avoir cherché un peu notre passage, nous  sommes arrivés au Belvédère, après le dernier bus qui a passé à 16.20.

Randonneurs

Nous les randonneurs sommes témoins d’un levé de soleil glorieux sur le Galenstock  et le glacier  de Tiefenbach.  Mais quelques moments après notre départ à 8h, les premiers lambeaux de brouillard paraissent vers 3000m, et au dernier regard en arrière à 10h, la montagne et une bonne partie du glacer sont cachés par des nuages assez denses.

Nous jouissons du soleil pendant un demi-heure encore, le temps d’arriver au Blauseeli (2136m) pour le  pause café.  Fait marquant de ce petit lac; un trait blanchâtre indique le niveau maximal de l’eau, en dessous les rochers sont rougeâtres, en-dessus, gris.

Petit lac sur l’Urseren hoheweg

Petit lac sur l’Urseren hoheweg

C’est la saison des myrtilles et de la bruyère fleurie.  Le sentier suit un léger replat à un altitude autour de 2100m, à notre gauche les falaises et cimes granitiques, à droite la vallée de la Reuss et les sommets démarquant la limite des cantons Uri et Tessin.  Ici et là, d’énormes blocs reposent, dont quelques-uns figurent sur la carte 1:25,000.  Il y en a un rond perché au bord du Spitzegg où l’assise a dû être consolidée en béton pour minimiser tout risque à Realp, 600m plus bas.  Un autre ressemble en forme et en grandeur à une maison.  Deux petits refuges de chevrier sont les seuls vrai bâtiments en évidence, et ce n’est que lors de notre pique-nique en amont d’un autre petit lac que nous apercevons quelques randonneurs.  A 2060m nous bifurquons à droite pour entamer la descente sur Andermatt.  Il est 13h10.

Pour André commence le supplice.  Le sentier est bon et généralement bien gradué, mais le pauvre André peine de plus en plus mais avec courage et bonne humeur.  Nous avons assez de marge pour le train qui part d’Andermatt à 15.40, mais arrivé à la bifurcation 1723m, le chef décide de laisser Raymond et les filles continuer vers Andermatt tandis qu’André et lui prennent à droite en direction de Hospental, un peu moins distant, où nous pouvons prendre le même train.  Nous sommes déjà en plaine (ici à 1450m) quand une averse plus sérieuse que celle d’hier nous oblige à prendre nos dispositions.  La gare de Hospental est atteinte à 15h et le train avec nos collègues s’arrête (sur demande) à 15.43.  Entre-temps je nous procure au village deux bouteilles de bière.

La rentrée à Morges, avec ses trois-quarts d’heure d’attente à Brigue, se passe assez agréablement.  Nous nous disloquons dans la chaleur sur le quai de gare à 20h15.

Levé de soleil sur la cabane

Levé de soleil sur la cabane

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